Dift souhaite "transformer la générosité des dons en quelque chose de normal"

Dift souhaite "transformer la générosité des dons en quelque chose de normal"

Et si les points de fidélité, les cadeaux d’entreprise ou une simple cagnotte devenaient de nouveaux moyens de financer le monde associatif ? C’est le pari de Dift, plateforme de générosité cofondée par Georges Basdevant avec Frédéric Mazzella, Maxence Mathey, Clara Pigé et Nathanaël Romano. En trois ans, plus de 30 millions d’euros ont été orientés vers des associations d’intérêt général. Désormais, l’entreprise veut aller plus loin en facilitant la collecte auprès du grand public et en faisant du don une pratique plus naturelle.

Dift : faire de la générosité une habitude

Par Maxime Monniotte, publié le vendredi 9 octobre 2026

Pouvez-vous nous présenter Dift ?

Dift est une plateforme de générosité qui aide les entreprises et les particuliers à soutenir des associations d’intérêt général. Notre métier historique consiste à accompagner les entreprises, notamment les grandes entreprises, dans leur soutien à différentes causes. Nous le faisons de manière innovante, notamment grâce à des cartes-cadeaux de dons que nous appelons les cartes de Dift.

Plus récemment, nous avons également développé des solutions permettant aux associations de collecter des dons auprès du grand public.

Quelle est la démarche ?

Une entreprise va généralement vouloir impliquer davantage ses collaborateurs ou ses clients dans ses engagements solidaires. Elle peut venir nous voir en se disant qu’elle souhaite remplacer ses goodies ou ses cadeaux traditionnels de fin d’année, qui ne sont pas toujours très utiles ou sont parfois fabriqués à l’autre bout du monde, par quelque chose de plus solidaire et de plus émotionnel.

Pour cela, nous avons développé une offre qui s’appelle le « Don Gift », ou « Don Cadeau ». Elle permet à ces marques de remplacer leurs anciennes pratiques de cadeaux par du don. Nous nous intégrons ensuite à leur parcours. Dans le cadre d’un programme de fidélité, par exemple, les points des clients peuvent devenir des dons, tandis que les goodies peuvent être transformés en cartes-cadeaux de dons.

Nous sommes donc une plateforme qui simplifie, du côté des entreprises, cette nouvelle forme de générosité.

Quel a été l’élément déclencheur qui vous a fait vous dire : « Je vais lancer cela maintenant » ?

Nous avons voulu lancer Dift parce que nous étions guidés par une mission : financer davantage les sujets liés aux transitions. Pendant la Covid-19, avec mes associés, nous nous sommes intéressés de près à l’enjeu du financement du monde de l’intérêt général.

Nous nous sommes rendu compte que les montants consacrés aux sujets de transition et aux associations étaient bien inférieurs à ce qui serait nécessaire pour permettre à ces projets de contribuer pleinement aux solutions et à la transformation de nos modèles. Nous nous sommes donc dit qu’il fallait trouver davantage d’argent pour l’orienter vers les associations. C’est ainsi que nous nous sommes attaqués au sujet de la collecte innovante.

Pendant la Covid-19, nous avons notamment constaté que de nombreuses entreprises se demandaient s’il était vraiment pertinent d’offrir des bouteilles de champagne ou des cadeaux traditionnels à leurs communautés dans une période marquée, notamment, par la situation des hôpitaux. Certaines ont préféré faire un don au nom de leurs collaborateurs ou de leurs clients. Nous avons alors compris qu’il existait une opportunité de permettre à beaucoup plus d’entreprises qui souhaitaient agir de le faire.

C’est durant cette période particulière que tout s’est aligné entre ce que nous observions chez certaines marques, notre mission et notre volonté d’agir.

Depuis, Dift a plutôt très bien évolué. En trois ans, nous avons réussi à orienter plus de 30 millions d’euros vers des associations d’intérêt général, essentiellement grâce aux entreprises. Plus de 300 entreprises nous ont rejoints, dont un tiers du CAC 40, avec de grands partenaires comme Accor, BNP Paribas ou AXA. Elles ont créé de nouveaux budgets de dons à partir, notamment, de leurs points de fidélité ou de leurs goodies.

Cette dynamique a permis de financer plus de 300 associations d’intérêt général qui mènent des projets sur le terrain. C’est déjà un beau résultat en matière d’impact, mais nous souhaitons continuer à faire grandir ce modèle. Pour aider davantage d’associations, au-delà des quelques centaines que nous accompagnons déjà, nous avons développé une nouvelle activité davantage tournée vers la collecte innovante auprès du grand public.

Les particuliers vont donc pouvoir venir sur la plateforme et faire des dons pour différentes causes ?

Oui, par exemple. Le point de départ est qu’il est très difficile pour une association de collecter des dons auprès du grand public. C’est plus simple lorsqu’il s’agit d’une marque associative très connue, comme la SPA ou les Restos du Cœur. Pour les autres, il faut souvent investir beaucoup d’argent, notamment en faisant appel à des agences de fundraising.

Nous souhaitons permettre aux associations de recruter de nouveaux donateurs sans avoir à investir des budgets considérables, afin que leur financement leur coûte moins cher.

Pour cela, nous avons créé les « Challenges de Dift ». Depuis un an, nous proposons aux associations d’organiser un temps fort de collecte pendant quinze jours. Leurs bénévoles, administrateurs ou salariés disposent chacun d’une cagnotte solidaire et collectent autour d’eux, auprès de leur entourage, de leurs collègues, etc.

Nous créons ensuite un véritable temps fort pendant quinze jours, nous animons l’ensemble du dispositif et nous accompagnons l’association de A à Z. Cela permet de collecter 10 000, 20 000, 30 000 euros et parfois jusqu’à 100 000 euros sur cette période.

Dans le jargon anglo-saxon, cette méthode est appelée « peer-to-peer », ou pair-à-pair : des personnes collectent des dons auprès d’autres personnes.

C’est une forme de collecte plus moderne qui permet de lever des fonds sans avoir à avancer d’argent. Nous l’avons déjà mise en place avec une centaine d’associations, dont de très belles structures comme L’Envol, Lazare ou l’Unicef. Elles ont ainsi pu lever des dons auprès de cercles qu’il est habituellement très difficile d’atteindre sans investir dans la publicité. C’est donc une nouvelle manière de collecter qui coûte moins cher aux associations.

Quelles vont être les prochaines grandes actions ?

Nous voulons d’abord continuer à faire grandir cette chaîne de collecte. Il reste notamment encore quelques jours pour espérer voir les dons de certaines collectes de fin d’année doublés avec Dift.

Nous consacrons 30 000 euros à trois collectes d’associations, soit 10 000 euros par association, avec une structure dans le domaine de l’écologie, une dans celui de la santé et une autre dans le domaine social. Cet appel à projets s’inscrit dans Diftember, notre temps fort du mois de décembre.

Nous souhaitons faire connaître ces dispositifs à davantage d’associations, car nous pensons qu’ils peuvent en aider beaucoup.

À terme, nous voulons faire de Dift une plateforme de générosité à 360 degrés, permettant aux associations de disposer de nombreux leviers de collecte innovants : lever des fonds en direct lors d’un gala, organiser une tombola ou une loterie, ou encore aller chercher les donateurs là où ils se trouvent, notamment dans les conversations WhatsApp, lors d’événements ou au sein des entreprises. Nous construisons les meilleurs produits possibles pour répondre à ces besoins.

À plus long terme, nous imaginons Dift comme un véritable compte de générosité. En tant que donateur, chacun pourrait y retrouver de manière centralisée son historique de générosité, l’ensemble de ses reçus fiscaux, ses dons et ses cagnottes. Nous espérons ainsi créer quelque chose de valorisant pour les utilisateurs, contribuer à rendre le don plus désirable et en faire une véritable valeur sociale positive.

Qu’attendez-vous de la deuxième édition de Diftember, votre temps fort de fin d’année ?

Nous lançons cette année la deuxième édition de Diftember. Diftember, c’est le mois de la générosité.

L’année dernière, notre action a consisté à mobiliser une cinquantaine d’ambassadeurs. Parmi eux figuraient, par exemple, Pascal Légitimus, d’anciens ministres comme Brune Poirson ou encore des créateurs de contenu comme Jokariz. Tous ont pris la parole en décembre pour mettre en avant une cause qui leur tenait à cœur.

Nous allons renouveler cette opération cette année en allant encore plus loin, avec l’objectif de mobiliser une centaine d’ambassadeurs. Ils prendront la parole pour mettre en avant une association à laquelle il sera possible de donner via Dift et montrer que, quelle que soit la cause qui nous tient à cœur, l’essentiel est avant tout d’agir.

Nous avons hâte de lancer cette deuxième édition. Nous préparons également plusieurs surprises avec nos partenaires. Nous invitons donc les associations et les partenaires à nous rejoindre s’ils souhaitent y participer.

Comment les associations se tournent-elles vers vous, et comment les choisissez-vous ?

Du côté des entreprises, nous sélectionnons les associations que nous leur proposons de financer. Nous avons créé un label que nous appelons le « catalogue Dift ». Il rassemble une centaine d’associations d’intérêt général autour de trois grandes thématiques : l’écologie, le social et la santé.

Nous avons créé notre propre processus de sélection, car il n’existe pas de label universel dans ce domaine. Notre méthode repose sur six critères, notamment en matière de gouvernance, de conformité et d’impact. Nous avons mis en place un système de points qui nous a permis de sélectionner une centaine d’associations bénéficiaires parmi environ 1 000 associations candidates.

Il s’agit plutôt de pépites associatives, avec généralement des budgets compris entre 500 000 et 2 millions d’euros. Ce sont des associations en phase d’essaimage ou de développement, qui seront peut-être les Restos du Cœur de demain.

Nous réalisons cette sélection pour les entreprises afin d’apporter de la confiance et de permettre aux financeurs comme aux particuliers de savoir que l’argent est bien investi.

Depuis le lancement, vous attendiez-vous à atteindre ce niveau aujourd’hui ?

Ce n’est que le début. C’est positif de voir que notre solution commence à être réellement utile. Néanmoins, face à l’ampleur du problème du financement associatif, nous avons encore beaucoup de travail.

Il y a environ 9 milliards d’euros de dons chaque année en France. À cette échelle, quelques dizaines de millions d’euros restent encore modestes. Nous voulons continuer à mettre les bouchées doubles pour créer un véritable mouvement.

Le sujet de fond est qu’un changement s’opère depuis quinze ou vingt ans dans le modèle de financement des associations. Il y a de moins en moins de subventions publiques et nous observons une stagnation des dons des entreprises et du grand public.

Il faut donc trouver de nouveaux réservoirs de collecte. Cela implique d’être créatifs et de permettre, par exemple, aux associations qui dépendent du mécénat de collecter également auprès du grand public, et réciproquement.

Il existe tout un mouvement de diversification des financements qu’il faut accompagner, et nous n’en sommes qu’au début. Nous avons encore beaucoup de travail, même si nous pouvons déjà être satisfaits de ces premiers résultats.

Comment voyez-vous l’avenir ?

Nous essayons de transformer la générosité en quelque chose de normal. Nous ne voulons pas qu’elle soit perçue comme un geste héroïque ou absolument extraordinaire, mais qu’elle devienne une habitude, une valeur naturelle.

Dans un monde qui recherche parfois le profit en permanence, cette démarche peut presque apparaître comme une alternative. Nous voulons contribuer à faire de la générosité quelque chose de socialement naturel, quel que soit l’âge : étudiants, jeunes actifs ou retraités doivent pouvoir contribuer et donner.

Nous allons donc essayer de construire la plateforme de générosité qui permettra de démocratiser cette pratique et de soutenir durablement le monde associatif.

Dift : faire de la générosité une habitude

Par Maxime Monniotte, publié le vendredi 9 octobre 2026

Pouvez-vous nous présenter Dift ?

Dift est une plateforme de générosité qui aide les entreprises et les particuliers à soutenir des associations d’intérêt général. Notre métier historique consiste à accompagner les entreprises, notamment les grandes entreprises, dans leur soutien à différentes causes. Nous le faisons de manière innovante, notamment grâce à des cartes-cadeaux de dons que nous appelons les cartes de Dift.

Plus récemment, nous avons également développé des solutions permettant aux associations de collecter des dons auprès du grand public.

Quelle est la démarche ?

Une entreprise va généralement vouloir impliquer davantage ses collaborateurs ou ses clients dans ses engagements solidaires. Elle peut venir nous voir en se disant qu’elle souhaite remplacer ses goodies ou ses cadeaux traditionnels de fin d’année, qui ne sont pas toujours très utiles ou sont parfois fabriqués à l’autre bout du monde, par quelque chose de plus solidaire et de plus émotionnel.

Pour cela, nous avons développé une offre qui s’appelle le « Don Gift », ou « Don Cadeau ». Elle permet à ces marques de remplacer leurs anciennes pratiques de cadeaux par du don. Nous nous intégrons ensuite à leur parcours. Dans le cadre d’un programme de fidélité, par exemple, les points des clients peuvent devenir des dons, tandis que les goodies peuvent être transformés en cartes-cadeaux de dons.

Nous sommes donc une plateforme qui simplifie, du côté des entreprises, cette nouvelle forme de générosité.

Quel a été l’élément déclencheur qui vous a fait vous dire : « Je vais lancer cela maintenant » ?

Nous avons voulu lancer Dift parce que nous étions guidés par une mission : financer davantage les sujets liés aux transitions. Pendant la Covid-19, avec mes associés, nous nous sommes intéressés de près à l’enjeu du financement du monde de l’intérêt général.

Nous nous sommes rendu compte que les montants consacrés aux sujets de transition et aux associations étaient bien inférieurs à ce qui serait nécessaire pour permettre à ces projets de contribuer pleinement aux solutions et à la transformation de nos modèles. Nous nous sommes donc dit qu’il fallait trouver davantage d’argent pour l’orienter vers les associations. C’est ainsi que nous nous sommes attaqués au sujet de la collecte innovante.

Pendant la Covid-19, nous avons notamment constaté que de nombreuses entreprises se demandaient s’il était vraiment pertinent d’offrir des bouteilles de champagne ou des cadeaux traditionnels à leurs communautés dans une période marquée, notamment, par la situation des hôpitaux. Certaines ont préféré faire un don au nom de leurs collaborateurs ou de leurs clients. Nous avons alors compris qu’il existait une opportunité de permettre à beaucoup plus d’entreprises qui souhaitaient agir de le faire.

C’est durant cette période particulière que tout s’est aligné entre ce que nous observions chez certaines marques, notre mission et notre volonté d’agir.

Depuis, Dift a plutôt très bien évolué. En trois ans, nous avons réussi à orienter plus de 30 millions d’euros vers des associations d’intérêt général, essentiellement grâce aux entreprises. Plus de 300 entreprises nous ont rejoints, dont un tiers du CAC 40, avec de grands partenaires comme Accor, BNP Paribas ou AXA. Elles ont créé de nouveaux budgets de dons à partir, notamment, de leurs points de fidélité ou de leurs goodies.

Cette dynamique a permis de financer plus de 300 associations d’intérêt général qui mènent des projets sur le terrain. C’est déjà un beau résultat en matière d’impact, mais nous souhaitons continuer à faire grandir ce modèle. Pour aider davantage d’associations, au-delà des quelques centaines que nous accompagnons déjà, nous avons développé une nouvelle activité davantage tournée vers la collecte innovante auprès du grand public.

Les particuliers vont donc pouvoir venir sur la plateforme et faire des dons pour différentes causes ?

Oui, par exemple. Le point de départ est qu’il est très difficile pour une association de collecter des dons auprès du grand public. C’est plus simple lorsqu’il s’agit d’une marque associative très connue, comme la SPA ou les Restos du Cœur. Pour les autres, il faut souvent investir beaucoup d’argent, notamment en faisant appel à des agences de fundraising.

Nous souhaitons permettre aux associations de recruter de nouveaux donateurs sans avoir à investir des budgets considérables, afin que leur financement leur coûte moins cher.

Pour cela, nous avons créé les « Challenges de Dift ». Depuis un an, nous proposons aux associations d’organiser un temps fort de collecte pendant quinze jours. Leurs bénévoles, administrateurs ou salariés disposent chacun d’une cagnotte solidaire et collectent autour d’eux, auprès de leur entourage, de leurs collègues, etc.

Nous créons ensuite un véritable temps fort pendant quinze jours, nous animons l’ensemble du dispositif et nous accompagnons l’association de A à Z. Cela permet de collecter 10 000, 20 000, 30 000 euros et parfois jusqu’à 100 000 euros sur cette période.

Dans le jargon anglo-saxon, cette méthode est appelée « peer-to-peer », ou pair-à-pair : des personnes collectent des dons auprès d’autres personnes.

C’est une forme de collecte plus moderne qui permet de lever des fonds sans avoir à avancer d’argent. Nous l’avons déjà mise en place avec une centaine d’associations, dont de très belles structures comme L’Envol, Lazare ou l’Unicef. Elles ont ainsi pu lever des dons auprès de cercles qu’il est habituellement très difficile d’atteindre sans investir dans la publicité. C’est donc une nouvelle manière de collecter qui coûte moins cher aux associations.

Quelles vont être les prochaines grandes actions ?

Nous voulons d’abord continuer à faire grandir cette chaîne de collecte. Il reste notamment encore quelques jours pour espérer voir les dons de certaines collectes de fin d’année doublés avec Dift.

Nous consacrons 30 000 euros à trois collectes d’associations, soit 10 000 euros par association, avec une structure dans le domaine de l’écologie, une dans celui de la santé et une autre dans le domaine social. Cet appel à projets s’inscrit dans Diftember, notre temps fort du mois de décembre.

Nous souhaitons faire connaître ces dispositifs à davantage d’associations, car nous pensons qu’ils peuvent en aider beaucoup.

À terme, nous voulons faire de Dift une plateforme de générosité à 360 degrés, permettant aux associations de disposer de nombreux leviers de collecte innovants : lever des fonds en direct lors d’un gala, organiser une tombola ou une loterie, ou encore aller chercher les donateurs là où ils se trouvent, notamment dans les conversations WhatsApp, lors d’événements ou au sein des entreprises. Nous construisons les meilleurs produits possibles pour répondre à ces besoins.

À plus long terme, nous imaginons Dift comme un véritable compte de générosité. En tant que donateur, chacun pourrait y retrouver de manière centralisée son historique de générosité, l’ensemble de ses reçus fiscaux, ses dons et ses cagnottes. Nous espérons ainsi créer quelque chose de valorisant pour les utilisateurs, contribuer à rendre le don plus désirable et en faire une véritable valeur sociale positive.

Qu’attendez-vous de la deuxième édition de Diftember, votre temps fort de fin d’année ?

Nous lançons cette année la deuxième édition de Diftember. Diftember, c’est le mois de la générosité.

L’année dernière, notre action a consisté à mobiliser une cinquantaine d’ambassadeurs. Parmi eux figuraient, par exemple, Pascal Légitimus, d’anciens ministres comme Brune Poirson ou encore des créateurs de contenu comme Jokariz. Tous ont pris la parole en décembre pour mettre en avant une cause qui leur tenait à cœur.

Nous allons renouveler cette opération cette année en allant encore plus loin, avec l’objectif de mobiliser une centaine d’ambassadeurs. Ils prendront la parole pour mettre en avant une association à laquelle il sera possible de donner via Dift et montrer que, quelle que soit la cause qui nous tient à cœur, l’essentiel est avant tout d’agir.

Nous avons hâte de lancer cette deuxième édition. Nous préparons également plusieurs surprises avec nos partenaires. Nous invitons donc les associations et les partenaires à nous rejoindre s’ils souhaitent y participer.

Comment les associations se tournent-elles vers vous, et comment les choisissez-vous ?

Du côté des entreprises, nous sélectionnons les associations que nous leur proposons de financer. Nous avons créé un label que nous appelons le « catalogue Dift ». Il rassemble une centaine d’associations d’intérêt général autour de trois grandes thématiques : l’écologie, le social et la santé.

Nous avons créé notre propre processus de sélection, car il n’existe pas de label universel dans ce domaine. Notre méthode repose sur six critères, notamment en matière de gouvernance, de conformité et d’impact. Nous avons mis en place un système de points qui nous a permis de sélectionner une centaine d’associations bénéficiaires parmi environ 1 000 associations candidates.

Il s’agit plutôt de pépites associatives, avec généralement des budgets compris entre 500 000 et 2 millions d’euros. Ce sont des associations en phase d’essaimage ou de développement, qui seront peut-être les Restos du Cœur de demain.

Nous réalisons cette sélection pour les entreprises afin d’apporter de la confiance et de permettre aux financeurs comme aux particuliers de savoir que l’argent est bien investi.

Depuis le lancement, vous attendiez-vous à atteindre ce niveau aujourd’hui ?

Ce n’est que le début. C’est positif de voir que notre solution commence à être réellement utile. Néanmoins, face à l’ampleur du problème du financement associatif, nous avons encore beaucoup de travail.

Il y a environ 9 milliards d’euros de dons chaque année en France. À cette échelle, quelques dizaines de millions d’euros restent encore modestes. Nous voulons continuer à mettre les bouchées doubles pour créer un véritable mouvement.

Le sujet de fond est qu’un changement s’opère depuis quinze ou vingt ans dans le modèle de financement des associations. Il y a de moins en moins de subventions publiques et nous observons une stagnation des dons des entreprises et du grand public.

Il faut donc trouver de nouveaux réservoirs de collecte. Cela implique d’être créatifs et de permettre, par exemple, aux associations qui dépendent du mécénat de collecter également auprès du grand public, et réciproquement.

Il existe tout un mouvement de diversification des financements qu’il faut accompagner, et nous n’en sommes qu’au début. Nous avons encore beaucoup de travail, même si nous pouvons déjà être satisfaits de ces premiers résultats.

Comment voyez-vous l’avenir ?

Nous essayons de transformer la générosité en quelque chose de normal. Nous ne voulons pas qu’elle soit perçue comme un geste héroïque ou absolument extraordinaire, mais qu’elle devienne une habitude, une valeur naturelle.

Dans un monde qui recherche parfois le profit en permanence, cette démarche peut presque apparaître comme une alternative. Nous voulons contribuer à faire de la générosité quelque chose de socialement naturel, quel que soit l’âge : étudiants, jeunes actifs ou retraités doivent pouvoir contribuer et donner.

Nous allons donc essayer de construire la plateforme de générosité qui permettra de démocratiser cette pratique et de soutenir durablement le monde associatif.

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